Ryo Fukui : Le pianiste-sorcier.

Ryo Fukui : Le pianiste-sorcier.



Ryo Fukui : Le pianiste-sorcier.



Souvent comparé à McCoy Tyner ou Bill Evans, Ryo Fukui était un génie à part entière, totalement autodidacte, un véritable maître en son art, dont le perfectionnisme a donné naissance à certaines des plus grandes interprétations de jazz jamais enregistrées, avec une cadence et un flair toujours bercés par un certain optimisme. Comme beaucoup de japonais, il s’est laissé fasciner par le jazz après la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec l’américanisation culturelle de l’archipel. Si Duke Ellington nous a montré la joie de jouer avec un orchestre symphonique et tout l’émerveillement que cela peut créer, Thelonious Monk nous a appris la folle beauté de l'improvisation, Louis Armstrong à nous encanailler sur du swing, Ryo Fukui avait le bagage et le bagout pour laisser, au même titre, sa trace sur le monde du jazz. Difficile de comprendre comment le monde occidental est passé à côté, de son vivant, de ce génie, notamment avec le chef-d'œuvre absolu « Scenery », de 1976. Dans Scenery, Fukui offre aux auditeurs une interprétation rafraîchissante de certains classiques du jazz, comme «Willow Weep For Me », « Autumn Leaves » et « I Want To Talk About You ». C’est tout bonnement brillant, il fusionne des influences bop, cool et modal jazz, pour une interprétation très personnelle, majestueuse et révolutionnaire de standards rendus célèbres par Bing Crosby et John Coltrane, entre autres. Dans les années 70, le jazz américain traversait une crise d’identité et de pertinence, peu à peu remplacé par le rock ou la funk, pendant que le Japon voyait éclore un artiste de génie, dans la plus pure tradition du style. Ce perfectionniste de Sapporo, parfois qualifié de « pianiste-sorcier » a ensuite sorti l’émouvant opus « Mellow Dream », en 1977. Un joyau. Il s'est ensuite concentré sur l'amélioration de ses compétences en live et impro, se produisant le plus souvent dans son propre Jazz Club, baptisé « Slowboat » et sortant deux albums live. Ce n’est que peu de temps avant sa mort, qu’une résurgence sur la toile ramène sa musique sous les projecteurs, vers la fin des années 2000. Ryo Fukui s’est éteint en mars 2016, laissant derrière lui un héritage qui ne manquera pas de captiver encore des générations d’amateurs de jazz. Laissez-vous emporter dans les limbes des grooves, de notes maniées avec le plus grand flair, tout en confiance et précision, où les sections se superposent sans crier gare.

Pour un aperçu de l’œuvre de ce sorcier, voici une sélection sur SoundCloud créée pour vous.



Posté le 12/04/2020 par Thomas ROBERT Musique 0 149

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